Du 10 au 15 août, Montréal va vibrer au rythme des célébrations de la Fierté 2010. En feuilletant le programme officiel, on constate qu'il y en aura vraiment pour tous les goûts. Du théâtre (La Duchesse de Langeais, Les Gaydailles contre-attaquent), des prestations de personnificateurs (Michel Dorion présente : C'est la fête, Dream Académie et le spectacle de clôture avec Popline), spectacle des B.B., des conférences, la journée communautaire, le légendaire défilé qui aura pour thème des Super-héros et j'en passe...
Mais le Nightlife sera aussi à l'honneur ! Nous attendons tous le retour du Méga T-Dance (direction artistique de Jean-Pierre Pérusse), présenté le dimanche 15 août, de 13h à 23h. Cette année, le volet musical sera une fois de plus assuré par Mark Anthony et Stéfane Lippé. Toutefois, un « petit nouveau » s'ajoute à la liste des artistes de cet événement très couru : l'unique DJ/producteur Stéphan Grondin ! Puisque le Méga T-Dance est devenu un événement presque trop populaire en seulement trois ans, un autre événement du genre sera présenté à l'angle des rues Sainte-Catherine Est et Champlain, de 14h à 22h. Au menu, la musique des Patrick Guay et Charles Poulin. Soit Québec et Montréal unies pour la Fierté !
Unity et Parking au rendez-vous
Il ne faudrait certes pas oublier le Zone tropicale T-Dance qui fera danser les amateurs réunis dans la Place Champlain, le samedi 14 août, de 17h à 23h. Vous pourrez ainsi y entendre les DJs Sandy Duperval, Eddie Lewis et Blackcat. Un événement haut en couleurs orchestré et présenté par David Côté, de Dazbog Productions (les soirées Faggy Baggy du Parking). Le même soir, Danny Torrence signera la soirée spéciale Boogina, présentée au Théâtre Telus par Abena Entertainment. Pour l'occasion, les organisateurs annoncent la venue à Montréal de Darryl Stephens, l'acteur principal de la série à succès Noah's Arc.
Enfin, les deux grandes discothèques du Village offriront des soirées spéciales. D'abord le club Unity (le dimanche 15), avec la soirée Queer of the Year, avec Stéfane Lippé. Le Parking Nightclub proposera, de son côté, les Vendredis TGIF - Spécial Boys party avec DJ K.Nox (le 13) et le grand retour de DJ Theresa (NYC), le samedi 14 août, et celui de l'excellent Leomeo (Paris), le dimanche, avec une prestation spéciale de Jessy Gauthier, la vedette de l'heure, partout au Québec.
Je vous suggère fortement de visiter le site officiel des Célébrations de la Fierté pour connaître tous les horaires.
Etats-Unis
L’armée américaine congédie le lieutenant gai Dan Choi
Alexandre Pouliot-Roberge
Le 22 juillet dernier, le New York Daily News a rapporté que Dan Choi a été officiellement licencié par le bataillon de commande de la garde nationale américaine. Ce soldat américain gai s’était enchaîné à la clôture de la Maison Blanche le 18 mars 2010 pour protester contre loi « Dont ask don’t tell » - en passe d’être abrogée par le président Barrak Obama et le Congrès. Une loi qui empêche toute personne gaie ou bi de révéler son orientation sexuelle ou de parler de relations homosexuelles.
Le vétéran de la guerre en Irak a déclaré par voie de communiqué que « cette nouvelle est à la fois révoltante et douloureuse ». « Je me considère encore en service », a-t-il ajouté. Selon lui, une telle décision « salit l'honneur de notre uniforme et est une insulte envers ce que représente l'Amérique ».
Diplômé de West Point Academy en 2003, Dan Choi a toujours joui d’une excellente réputation au sein des forces armées américaines jusqu’à sa sortie du placard en 2009. Il a combattu en Irak en 2006 ainsi qu’en 2007 avant d’être nommé meneur de pelotons d’infanterie. Il est devenu le symbole de la lutte contre la loi « Dont ask, don’t tell » adopté par Bill Clinton en 1993 et à la source de plus de 13.500 licenciements pour homosexualité visible dans l’armée américaine.
Musique / Cinéma
Kylie Minogue va jouer une lesbienne
François Bernier
En plus d’être considérée comme une icône gaie au même titre que Madonna ou Lady Gaga, Kylie Minogue sera bientôt dans les salles obscures dans la peau d’une lesbienne aux allures de mauvaise fille.
Ce n’est pas la première fois que la chanteuse devient actrice. Après plusieurs apparitions à la télévision australienne avec des séries telles que The Sullivans, The Henderson Kids et The neighboursi, on avait pu la voir brièvement dans le rôle de la fée de l’absinthe dans Moulin Rouge de Baz Luhrmann.
Cette fois, c’est le réalisateur Bradley Rust Gray qui l’a contactée pour lui faire interpréter une lesbienne délurée et ultra tatouée. Dans Jack et Diane, deux jeunes femmes se retrouvent à New York pour y passer une nuit torride. Lorsque Diane est sur le point de quitter le pays, elle tente de dissimuler tant bien que mal des visions qui semblent avoir été déclenchées par l’intensité de leur amour.
La chanteuse qui sortait dernièrement son nouvel album Aphrodite entretient de très bons rapports avec son public gai, ce qui lui a d'ailleurs valu le titre d'icône gaie féminine, décerné l'an passé par le magazine Gay Times. La star a souvent affirmé qu’elle aurait pu changer d’orientation sexuelle pour une femme comme Tallulah Bankhead (actrice de cinéma des années 30 à 60) dont elle admire l’exotisme et l’audace. Miss Minogue a aussi prétendu qu’elle pourrait se tourner vers les femmes si elle ne trouvait pas l’homme idéal. Cet homme, elle semble l’avoir trouvé en la personne du mannequin d’Andres Velencoso. On peut penser que Kylie n’est pas en peine dans les bras du bellâtre.
Premier roman de Jean-Claude Dallaire
Je te salue Marie
François Bernier
Jean-Claude Dallaire a sorti ce printemps son premier roman, intitulé Je te salue Marie, abordant l’homoparentalité et le besoin existentiel de laisser des traces de notre passage ici-bas.
Avec son premier roman, Jean-Claude Dallaire s’est purgé d’un manque : son besoin de laisser des traces de son passage sur terre. Il a vécu la paternité par procuration en écrivant ces lignes. Il laisse ainsi la marque indélébile de son passage immortalisé par le papier. Cette histoire touchante ne fait pas qu’émouvoir les baby-boomers, elle traite aussi de sujets qui nous touchent tous, homosexuels comme hétérosexuels, par l’universalité du besoin insatiable d’amour dans nos vies.
C’est cette quête que Charles, le personnage principal, entreprendra à travers l’histoire. Sans en être sa copie conforme, Charles, un homme prospère résidant à Montréal, ressemble beaucoup à Dallaire. À l’aube de la cinquantaine, Charles est en crise. L’approche de la mort et l’impression de futilité l’obsèdent. Il arrive donc à convaincre son conjoint des dix dernières années, Pierre, d’avoir un enfant. Vient ensuite le problème de trouver une mère porteuse. Le hasard mène Charles vers une chanteuse classique, Marie, jeune femme sensible vivant le deuil de sa mère. Dès la première rencontre, il est convaincu qu’il s’agit de la future mère de son enfant. Il cherche à tout prix à l’intégrer dans sa vie en dissimulant son plan...
Des luttes parallèles
Dallaire a d'abord écrit une oeuvre de 600 pages qu’il a finalement réduite à 300. Pour se faire, il a dû changer sa finale. Selon l’auteur, ce sacrifice en valait le coup. Au-delà de l’homoparentalité, on sent le personnage principal, à l’instar de son créateur, très engagé politiquement. Dallaire lui-même a oeuvré au sein du Parti québécois pendant de longues années. Il a ressenti une grande déception face aux échecs des deux référendums. Il fait d'ailleurs un parallèle intéressant entre la lutte pour l’indépendance et la situation des homosexuels. Dans les deux cas, une grande bataille a été gagnée, d’un côté avec le mouvement souverainiste, et de l’autre avec la légalisation de l’homosexualité. De part et d’autre, il y a eu une volonté de s’extérioriser et de crier au monde leur existence. Mais, dans les deux cas, il semble y avoir aujourd'hui un recul des acquis.
L’idée d’indépendance a perdu du terrain et la montée du conservatisme semble convaincre beaucoup de Québécois de revenir en arrière quant au mariage gai. Les homosexuels semblent préférer se fondre dans la masse et se faire oublier du reste du monde plutôt que d’affirmer clairement à la population leur différence et leur fierté identitaire.
Pour Jean-Claude Dallaire, il ne fait aucun doute que la nouvelle génération aurait besoin d’états généraux sur les LGBT. On ne doit plus parler de tolérance (qui peut impliquer l’irrespect et la haine), mais d’acceptation et d’intégration. Il suggère aussi que le Québec légalise les mères porteuses afin d’aider tous ceux qui pourraient en avoir besoin, non seulement la communauté LGBT, mais aussi les gens qui ont des problèmes de fertilité. Selon lui, ce serait une façon de stimuler la démographie.
Je te salue Marie, disponible à la librairie Ménage À Trois et en ligne aux éditions Espoir www.editionsespoir.com
Mini-brèves
Montréal
Le Refuge des Jeunes de Montréal déménage… dans le Village!
1840, rue Sainte-Catherine Est. Voilà quelle devrait être la nouvelle adresse du Refuge des Jeunes de Montréal. Un déménagement dû à la vente de l'église Saint-Louis-de-France, où se trouvaient les locaux de l’organisme. Le nouveau propriétaire - l’Église évangélique Restauration – souhaite récupérer l’ensemble du bâtiment. L’idée de retrouver le Refuge dans le Village – dans des locaux qui abritent actuellement un sauna - ne plaît pas à tout le monde. Des habitants du quartier ainsi que des conseillers municipaux rappellent que la zone est très fréquentée par de nombreux toxicomanes et prostitués, situation tout sauf idéale pour les jeunes hommes âgés de 17 à 24 ans dont s’occupe l’organisme…
États-Unis
Vers la fin du Don’t ask don’t tell
Le 27 mai, la Chambre des représentants (par 234 voix pour et 194 contre) et la commission de la Défense du Sénat (par 16 voix contre 12) ont approuvé un texte prévoyant l'abrogation de la loi « Don’t ask, don’t tell » (Ne posez pas la question, ne dites rien). Cette politique interdit aux militaires homosexuels de révéler leur orientation sexuelle, sous peine d'être exclus de l'armée. Le Sénat se prononcera au cours du mois de juin sur ce projet. Barack Obama s’est prononcé pour la suppression du texte au cours de sa campagne présidentielle. Une position réaffirmée juste avant le vote de la fin mai.
Autre geste du président américain en faveur des LGBT : les agences gouvernementales ont reçu l’ordre, le 2 juin, d'étendre les droits des familles d'employés fédéraux homosexuels. Cela concerne notamment l'accès aux services d'aide familiale, les aides financières en cas de difficulté ou les indemnités de déménagement. Les programmes sociaux, les congés maladie et les assurances de rapatriement leur avaient été accordés en 2009.
États-Unis
Comment faire tomber Saddam? Dire qu’il est gai!
La CIA a parfois des idées bien particulières. Un blogue hébergé par le Washington Post révèle que l’agence de renseignements américaine, peu avant l’invasion de l’Irak e 2003, a imaginé faire passer Saddam Hussein pour un homosexuel afin de le discréditer aux yeux de son peuple. La CIA a ainsi pensé tourner une vidéo prétendant montrer le dictateur irakien en train d’avoir des relations sexuelles avec un jeune homme. Le projet a néanmoins rapidement été abandonné et pour cause : « Montrer Saddam s'amusant avec de jeunes garçons n'aurait eu aucun impact au Moyen-Orient. Tout le monde s'en fout. […] On s’imagine toujours que nos propres tabous sont universels alors qu’en fait ils ne concernent que nous », a expliqué l’un des anciens agents qui a accepté de témoigner sous l’anonymat.
Malawi
Le couple homosexuel gracié
Ils avaient été condamnés à 14 ans de prison pour avoir procédé au premier mariage gai du Malawi, où l’homosexualité est illégale. Tiwonge Chimbalanga, 20 ans, et Steven Monjeza, 26 ans, ont été finalement graciés, le 29 mai, par le président de ce pays d’Afrique de l’Est. Ce dernier, Bingu Wa Mutharika, a toutefois voulu rappeler que « ces garçons ont commis un crime contre notre culture, notre religion et nos lois. […] Cependant, en tant que chef de l’État, je les gracie […] et demande donc leur libération immédiate sans condition ». La condamnation du couple a provoqué un tollé international. L’Organisation des Nations Unies s’était dite « choquée et consternée ». C’est d’ailleurs suite à une conversation avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, que Bingu Wa Mutharika a décidé de gracier les deux hommes.
Voyage
Expédia se tourne vers les LGBT
Le tourisme gai est un marché qui marche fort et Expedia le sait. Voilà pourquoi le célèbre site de voyages a décidé d’ouvrir, début juin, une section spécialement réservée aux homosexuels. Projet développé avec l'International Gay & Lesbian Travel Association (IGLTA), il s’agit pour Expedia de « promouvoir les meilleurs hôtels accueillant volontiers les LGBT [et] de guider ses clients vers les lieux gais les plus branchés, les hôtels gais et plus encore ». Parmi les villes mises de l’avant : San Francisco, Barcelone, New York ou encore Toronto. Au total, des portraits homosympas de dix villes nord-américaines et cinq européennes sont disponibles sur le site, sans compter les nombreux hôtels répertoriés un peu partout dans le monde.
Élection scolaire dans le district des Faubourgs (Village)
« La question de l’homosexualité doit être évoquée dès le primaire » - Agnès Connat (MEMO)
Antoine Aubert
Ce sont ses premiers pas dans la vie politique montréalaise. À 45 ans, Agnès Connat est candidate, pour le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO), à l’élection scolaire partielle du 16 mai prochain, dans le district des Faubourgs. Pour élire un nouveau commissaire, 34 000 électeurs – et pas seulement les parents ! – sont appelés aux urnes. Dans cette zone qui inclut notamment le Village, l’élu gai Paul Trottier (lui aussi MEMO), démissionnaire, car appelé à de plus hautes fonctions, a laissé une trace importante, notamment par son engagement dans la lutte contre l’homophobie en milieu scolaire. Un combat qu’Agnès Connat, née en France, compte bien poursuivre. Être l’a rencontré.
Être. Quelles mesures vous semblent nécessaires pour continuer le combat contre l’homophobie en milieu scolaire ?
Agnès Connat. Parler d’homosexualité, c’est avant tout parler d’amour entre deux personnes. Je ne vois donc pas pour quelle raison il ne serait pas possible d’évoquer cette question dès l’école primaire, comme on le fait habituellement lorsqu’on veut parler d’autres sujets dits sensibles. On ne va pas attendre que nos enfants soient arrivés à un âge où débutent les montées d’hormones et tout ce qui s’ensuit pour discuter de ce thème qui peut susciter beaucoup d’interrogations chez les jeunes. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’estime que les interventions d’associations visant à sensibiliser les élèves sur l’homosexualité doivent commencer avant — et non uniquement pendant — l’école secondaire.
Être. L’animateur de télévision Jasmin Roy, dans son livre Osti de fif !, évoque la discrimination dont il a été la victime à l’école. Il demande aujourd’hui à ce que soit appliquée la tolérance zéro contre toute insulte homophobe à l’école. Qu’en pensez-vous ?
A.C. On laisse passer trop d’insultes homophobes dans les établissements scolaires. C’est un peu comme si je ne réagissais pas au fameux « maudite Française » que j’ai parfois entendu à mon encontre. De tels mots ne sont pas acceptables et sont même blessants. Je fais néanmoins une distinction entre l’insulte homophobe proférée par un adulte qui pense ce qu’il dit et les mêmes paroles utilisées par un jeune. La plupart du temps, ce dernier ne sait pas de quoi il parle. Alors, bien sûr, il faut lui rappeler de manière ferme que ce ne sont pas des choses à dire, mais il faut aussi lui expliquer pourquoi. Le pourquoi est le plus important. C’est là le rôle des enseignants.
Être. À propos des enseignants justement, ne faudrait-il pas revoir leur formation ? Ils semblent souvent dépassés par le problème de l’homophobie scolaire…
A.C. Il est quand même bon de souligner qu’on en demande beaucoup aux professeurs : ils doivent enseigner, mais aussi intégrer les enfants ayant des difficultés tout en compensant parfois pour les carences des familles. D’autre part, il est vrai que le thème de l’homosexualité est encore tabou en milieu scolaire, donc difficile à aborder. Comme dans l’ensemble de la société, l’homophobie est un problème. Il faut que les pères et mères ayant compris la nécessité de sensibiliser les enfants à ce problème s’engagent pleinement dans ce sens, notamment dans les conseils d’établissements créés justement pour que les parents s’expriment. Pour en revenir aux enseignants, je pense que les journées pédagogiques qui leur sont allouées afin de compléter leur formation sont un des moyens qui peuvent les aider à mieux appréhender de tels enjeux.
Être. Vous allez peut-être succéder à Paul Trottier, figure emblématique de la lutte contre l’homophobie en milieu scolaire. L’héritage ne risque-t-il pas d’être lourd à porter ?
A.C. Vous savez, j’ai l’expérience de la concertation et de l’action. J’habite dans le Village depuis 13 ans et je suis très engagée, notamment au sein du comité permanent de sécurité publique de mon arrondissement. Je suis également intervenue souvent auprès des autorités municipales. Ainsi, j’ai cherché dernièrement à dénoncer le gay bashing dans le quartier. Concernant l’éducation, je suis une mère de deux enfants, je sais ce que sont les problèmes quotidiens rencontrés dans ce domaine. Y compris pour qui concerne l’homophobie.
Ma plus grande fille, qui a 14 ans, est scandalisée chaque fois qu’elle entend une insulte de ce type dans son établissement. Elle a été éduquée dans un milieu tolérant, ouvert aux autres. C’est de cette manière que je compte mener mon action. Si, après les élections, le combat contre l’homophobie est désormais mené par une mère de famille, ce sera quand même bien la preuve que désormais il n’y a pas que les homosexuels qui se sentent concernés par cette discrimination.
L’Inde à l’heure de Brokeback Mountain
Un premier film gai pour Bollywood
François Bernier
Dans quelques semaines, les Indiens pourront assister en salle au premier film de Bollywood présentant un personnage ouvertement gai. On parle même d’un baiser à l’écran.
Avec Dunno Y...Na Jaane Kyun, on parle d’un baiser non censuré, mais le film s’abstiendra sans doute d’imager des passions flamboyantes. Ce scénario raconte le récit d’un jeune gai aspirant-mannequin qui se rend à Mumbai, la capitale commerciale et cinématographique, pour y faire carrière. Il se retrouvera alors dans une relation amoureuse homosexuelle pour faire sa place dans l’industrie. Pour les activistes de la cause gaie en Inde, ce film est une réjouissante percée.
C’est toute une première pour ce pays qui, il n’y a pas si longtemps, censurait les scènes de baisers, même hétérosexuelles : au dernier moment, la scène amoureuse était détournée vers des images de fleurs, de chutes d’eau ou de vagues se brisant sur des rochers. L’an dernier, un film intitulé Love, Sex aur Dhokha a offert au public des scènes d’ébats sexuels plus ou moins explicites. Le film a suscité une timide controverse. Cette ouverture permet à l’industrie du cinéma indien d’explorer de nouvelles avenues.
En avril dernier, à Mumbai, a eu lieu le premier festival de films gais d’envergure. Plus de 100 films y ont été présentés. Le ministère de l’information et de la radiodiffusion, habitué à contrôler le contenu du cinéma, s’est pourtant abstenu de censurer les films pour ce festival. Rappelons aussi qu’en 2009, l’Inde a décriminalisé les relations sexuelles entre partenaires de même sexe.
La nudité de l’âme
Nu, la dernière création d’Harold Réhaume
François Bernier
Harold Réhaume, ce brillant chorégraphe bien connu du milieu de la danse contemporaine québécoise, présente du 28 au 30 avril sa dernière création Nu à la salle Multi de Méduse.
C’est à guichet fermé qu’Harold Réhaume a offert cette chorégraphie en 2008 à la Rotonde, centre chorégraphique de Québec. Il revient dans la Capitale nationale présenter Nu, une création où il n’est toutefois pas question de nudité corporelle. L’artiste met plutôt la vulnérabilité de l’être à nu dans cette pièce très personnelle. C’est tout en grâce et en finesse que le chorégraphe, habitué à incorporer des éléments très théâtraux à ses spectacles, amène le spectateur à réfléchir sur les relations humaines.
Dans Clash! Sa précédente création, Réhaume a posé un regard coloré et rythmé sur l’adolescence. Cette fois, l’exploration est délicate et épurée, guidant sensuellement l’auditoire vers son intériorité.
Réhaume participe depuis de nombreuses années au dynamisme de la danse contemporaine de la vieille capitale. Son approche sensible et éclatée a permis à sa compagnie, le fils d’Adrien danse, de présenter des oeuvres magnifiques, pouvant aisément initier les jeunes et les moins jeunes à la beauté de cet art du mouvement.
Nu sera présenté à la salle Multi du complexe Méduse le 28-29-30 avril prochain, à 20 h.
États-Unis
Impact disproportionné du VIH-sida et des ITS chez les gais
Édouard Archer
Une nouvelle étude souligne l’impact disproportionné du sida et des infections transmissibles sexuellement (ITS) chez les hommes gais, pour qui le taux d’infection par le VIH est 44 fois supérieur à celui des hommes hétérosexuels, et plus de 40 fois supérieur à celui des femmes. La syphilis, une maladie qui facilite la transmission du VIH si elle n’est pas traitée, atteint un taux 46 fois plus élevé chez les gais que chez les hétéros masculins.
C’est ce qui ressort d’une étude statistique réalisée aux États-Unis par les Centers for Disease Controle and Prevention et publiée le 10 mars dernier, à l’occasion de la Conférence nationale pour la prévention des ITS, à Atlanta.
L’étude explique cet écart démesuré par plusieurs facteurs, comme une plus grande prévalence du VIH et autres IST dans la population homosexuelle (ce qui augmente les risques de propagation) et le relâchement de la prévention, particulièrement chez les plus jeunes.
Cette étude statistique se base sur un rapprochement entre les chiffres des nouvelles infections au VIH et une estimation de la population homosexuelle des États-Unis, soit environ 2 %, selon les recensements nationaux.
Au Québec, le dernier rapport sur la surveillance du VIH nous informe que 72 % des hommes nouvellement diagnostiqués séropositifs ont contracté la maladie lors de rapports avec d’autres hommes.
Entrevue exclusive avec Denis Gagnon
Portrait d’un homme de talent
François Bernier
À 47 ans, Denis Gagnon semble avoir atteint un sommet dans sa carrière. Après dix ans de travail acharné et alors qu’il vient à peine de présenter sa collection automne hiver 2010/2011, l’artiste originaire de la ville d’Alma a été le sujet d’un film au FIFA et le sera lors d’une exposition l’automne prochain au Musée des beaux-arts de Montréal. Le magazine Être s’est entretenu avec un Denis Gagnon fort sympathique, à des lieux de l’image hautaine qu’il peut projeter en public.
Être. Vous profitez d’une reconnaissance soudaine de la part des médias. Avez-vous de l’amertume face à cette attention nouvelle qui a pu vous manquer dans le passé et qui manque souvent aux créateurs débutants?
D.G. Pas du tout, je crois en fait que ma collection automne/hiver 2009/2010 était sincèrement plus forte. À cela s’ajoute le momentum de l’exposition, du film et de ma collection pour l’automne prochain, qui, je crois, a été bien reçue par les médias. Je dirais donc plutôt que cette attention est une belle surprise pour mes dix ans.
Être. Vous serez le premier designer québécois à être le sujet d’une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal. Que pourrons-nous y voir?
D.G. Nous travaillions, l’architecte Gilles Saucier et moi, à une exposition moderne. Le noir devrait être très présent, mais je m’abstiens de vous en dire davantage. Je laisse le soin aux gens d’aller voir l’exposition.
Être. Voilà maintenant dix ans que vous avez créé votre ligne de vêtement. Si l’on remonte à vos débuts, quels ont été vos objectifs de départ?
Denis Gagnon. Comme tout créateur, mes premières aspirations étaient grandioses. Quand on commence, on rêve d’une carrière internationale, puis avec le temps on calme un peu ses ardeurs.
Être. Une carrière à l’international n’est pas exclue, non? Avec Holt Renfrew, vous êtes distribué à Vancouver, Toronto et Montréal. Quelle serait la prochaine étape pour vous?
D.G. Effectivement, l’international n’est pas exclu, mais il faut y aller une étape à la fois. Je pense que l’étape suivante serait New York. Participer à la semaine de la mode de New York, qui joui d’une très bonne réputation, pourrait être une bonne première étape pour me faire connaître à l’extérieur du Canada.
Être. Que pensez-vous du milieu de la mode montréalaise?
D.G. C’est un milieu dynamique. Un grand nombre de jeunes sortent des écoles chaque année, mais un grand nombre aussi abandonne après peu de temps. Ils choisissent sans doute des disciplines connexes. Il y est très difficile de percer dans le milieu et le gouvernement n’est pas d’une grande aide. Une des choses qui est particulièrement ardue, c’est la production. C’est une étape délicate. Nous n’avons pas les moyens de rivaliser avec la concurrence internationale en faisant faire nos vêtements à l’étranger. Il faut donc trouver de la main-d'œuvre locale de talent. Avec Bedo par contre, les vêtements seront faits en Asie, comme le reste de leur collection.
Être. D’où provient votre inspiration?
D.G. De partout. Ça peut être simplement en marchant dans la rue. Dans le cas de ma présente collection, j’ai beaucoup travaillé la frange. C’est en voyant un travail de crochet sur le sofa chez ma tante que l’inspiration m’est venue.
Être. Que découvre-t-on sur Denis Gagnon dans le film de Khoa Lê vous prenant comme thème?
D.G. Je pense que les gens y découvrent que je suis un simple gars du Lac Saint-Jean
venant d’une famille comme les autres. Je présente vraiment ma vie à cœur ouvert dans le film.
Les gais pointés du doigt dans le massacre de Srebrenica
Amsterdam outré par les déclarations d’un ex-général américain
Alexandre Pouliot-Roberge
Un général américain à la retraite provoque la colère à Amsterdam. Lors d’une audience de la commission sénatoriale des forces armées tenue le 19 mars dernier à Washington et portant sur la présence d'homosexuels au sein de l'armée américaine, John Sheehan a soutenu que la présence de militaires gais dans l’armée hollandaise était une des causes du massacre de Srebrenica. Il prétend que la désorganisation des troupes des Pays-Bas lors de cette tragédie a pour source « une libéralisation de leurs forces armées, y compris l'ouverture aux homosexuels déclarés ».
Le ministère néerlandais de la Défense ainsi que l’ambassadrice des Pays-Bas, Renée Jones-Bos, ont été outrés par cette prise de position de Sheehan. Le ministre de la Défense de Hollande rappelle que « des soldats homosexuels néerlandais coopèrent régulièrement avec l'armée américaine dans le cadre de la mission de l'OTAN en Afghanistan », tandis que madame Jones-Bos se déclare « fière du fait que des gais et lesbiennes servent ouvertement depuis des décennies dans les forces armées néerlandaises ».
« Complètement hors sujet »
Ces propos ont été balayés du revers de la main par les responsables de la commission. « Je ne connais aucun historien qui attribue l'échec majeur de la protection des citoyens de Srebrenica à la politique néerlandaise permettant aux gais de servir ouvertement dans l'armée », a rétorqué le président de la commission Carl Levin aux allégations de Sheehan. Le Sénateur a aussi qualifié les propos de l’ancien général de « complètement hors sujet ». « Les Américains se battent sans problème aux côtés des Néerlandais en Afghanistan », conclut Levin.
La commission sénatoriale des forces armées portant sur la présence d'homosexuels au sein de l'armée américaine a pour but d’étudier l’élimination de la politique du Don' t Ask, Don' t Tell adoptée par le gouvernement Clinton dans les années 90. Cette politique permet aux gais de faire partie des forces armées dans la mesure où ils cachent leur orientation sexuelle. Barack Obama s’est déjà proclamé pour la disparition de cette pratique, lors de son discours sur l’état de l’Union à la fin janvier. « J’abrogerai la loi empêchant les gais de servir le pays qu'ils aiment en raison de ce qu'ils sont », a précisé le président américain lors de cette allocution.
Semaine de la mode de Montréal
Quand la mode montréalaise s’affirme
François Bernier
La semaine de la mode de Montréal a battu son plein du 1er au 4 mars au Marché Bonsecours. À cette occasion, les designers les plus en vue ont côtoyé la relève, au grand plaisir des spectateurs qui étaient nombreux à s’être donné rendez-vous vêtus de leurs vêtements les plus « tendance ». Regard sur une semaine où ont claqueté les Louboutins, où se sont bousculés les sacs à main surdimensionnés et où les hommes ont arboré fièrement le nœud papillon sur chemise signée, avec jeans noir ajusté.
Événement mode attendu
Cet événement offrait la possibilité aux fashionistas de se mettre au diapason de la mode montréalaise actuelle. C’était l’occasion de voir et d’être vu dans cette manifestation mondaine où l’amateur de mode à la situation financière précaire tente toujours d’avoir la prestance d’un millionnaire. On sent dans l’air des interrogations constantes : cette personne que je regarde, qui est-ce ? Un personnage d’importance que je devrais connaître, peut-être ?
C’est aussi le moment idéal pour faire du réseautage. Participant à la fête avec une amie styliste, nous avons vu notre conversation maintes fois interrompue par des remises de cartes de visite, par des demandes de séances photo pour des blogues de mode ou tout simplement par des compliments sur nos vêtements. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas avec suffisance que je rapporte l’événement. J’ai au contraire été très amusé par l’atmosphère glamour qui se dégageait de l’événement. J’ai tout de même gardé la tête froide, conscient du fait que ce milieu est extrêmement difficile à pénétrer et que les designers, loin de vivre comme des vedettes, doivent constamment se battre pour survivre à la compétition internationale, qui est féroce.
D’une passerelle à l’autre
Cette année, plusieurs défilés étaient grandement attendus, notamment ceux de Marie Saint-Pierre, de Dimitri Chris, de Soîa & Kyo, de Dinh Bá, de Philippe Dubuc et, bien sûr, de Denis Gagnon. Ma première expérience lors de cette Semaine de la mode de Montréal a été le défilé de Dimitri Chris.
Diplômé de l’Académie internationale du design, ce designer montréalais crée depuis maintenant 10 ans et a présenté en 2009 sa première collection de prêt-à-porter. Avec Master of the Foxhounds, sa dernière collection automne-hiver 2010/2011, il présente une version réinventée de la vénerie traditionnelle. L’élégance du vêtement repose chez Dimitri Chris sur l’attention particulière qu’il accorde aux détails. Les boutons cachés, les écharpes intégrées, les manteaux réversibles et les tricots amples transforment toutes les pièces traditionnelles de la garde-robe masculine. Dimitri Chris possède un réel talent pour les coupes, spécialement avec ses pantalons étroits, dont l’allure est impeccable. Cette année, il a privilégié une collection aux teintes sobres dans des tons de gris, de taupe, de beige et de marine. Malgré l’aspect classique de ses créations — veston classique à un ou deux boutons ou style smoking revisité —, il ose faire preuve d’audace avec des pièces intéressantes comme le corset pour homme ou la combine, qu’il accessoirise avec d’énormes foulards de laine.
J’ai aussi assisté au défilé de Ralph Leroy, qui présentait un hommage aux sinistrés de son pays d’origine, Haïti. Avec Manu Militari, Ralph Leroy met en exergue la coupe militaire et transgresse la rigidité de l’uniforme en faisant appel à des couleurs chatoyantes. Dans ses premières pièces du défilé, il a présenté des manteaux aux cols de fourrure franchement ravissants. Sa collection compte beaucoup de manteaux, souvent très longs, faits dans des tissus souples et amples qu’il structure avec des ceintures.
L’engouement pour Denis Gagnon
Le clou de la semaine a sans doute été le défilé des créations féminines automnales de Denis Gagnon. L’attente en a valu la peine puisqu’il a offert aux médias un défilé exceptionnel avec des pièces d’une extrême finesse, foisonnant de détails minutieux et impeccablement structurés. Gagnon est l’un des rares créateurs de mode à maîtriser la construction laborieuse de vêtements féminins à l’aide de tissus rigides. Flirtant avec la haute couture, il a développé des modèles dans des teintes de noir, de brun et de doré. Il continue à utiliser la fermeture éclair pour orner ses cols et même pour confectionner l’entièreté d’un vêtement, comme dans le cas d’une impressionnante robe dorée très courte.
Bien que le milieu de la mode soit encore une industrie jeune et fragile, on peut croire en une recrudescence de l’intérêt de la jeunesse québécoise pour ce domaine. On n’a qu’à penser au nombre impressionnant d’hommes et de femmes qui étudient dans les différentes écoles de design du Québec pour saisir à quel point cet univers fascine les gens. Au-delà du commerce, il y a une réelle question d’identité commune et individuelle qui les anime. Une volonté de se positionner dans le monde avec une allure distinctive qui dirait au reste de la planète : « voici notre couleur propre ».
Il y a aussi l’envie personnelle de trouver l’artiste textile qui s’accorde avec la perception que l’on a de soi-même. Cette industrie reste mercantile, bien entendu, mais on aurait tort de réduire son importance à une puérile superficialité. C’est la réflexion que j’ai nourrie, un verre de Hungaria Grande Cuvée à la main que j’ai avalé à grandes lampées en observant la foule autour de moi. Il est rare de voir tant de gens se permettre l’audace de se vêtir avec originalité. J’ai terminé mon verre, l’ai déposé sur un des comptoirs de cet endroit bruyant, puis j’ai plongé dans la foule composite pour profiter encore un peu de cette illusion d’être dans un endroit vraiment unique.
Festival Edgy Women du 17 au 28 mars 2010
Edgy féminisme
François Bernier
Pour une 17e année, le Festival Edgy Women présentera, durant le mois de la femme, sa célébration d’un féminisme bien actuel. C’est avec l’énergie et l’audace qui leur sont propres que les femmes s’empareront d’abord du théâtre Mainline, situé sur le boulevard Saint-Laurent, pour ensuite terminer les festivités au Théâtre Tangente sur la rue Cherrier.
À l’origine du projet féminin qu’est Edgy Women, on trouve le Studio 303, un centre d’art contemporain développant les nouvelles pratiques du milieu de la danse contemporaine et de la performance interdisciplinaire. Depuis 17 ans, ces rebelles de la scène amènent leur public à se questionner, à définir et parfois simplement à célébrer la place du féminisme de nos jours. Cette année encore, elles ont concocté avec des artistes de partout dans le monde une programmation dynamique, passant du théâtre au cabaret, en passant par la « performance » et plus encore.
Edgy féminisme
Le studio 303 nous offre une grande occasion en nous conviant tous, hommes et femmes, à cet événement qui, loin d’être sexiste, donne la possibilité de nous rassembler pour réfléchir au féminisme contemporain. Bien que la situation de la femme ait grandement évolué, il reste encore beaucoup à faire. C’est par l’art que les artistes ont choisi de s’exprimer, l’art qui n’est pas exclu du débat et qui souffre aussi souvent d’un manque de parité entre les sexes. Dans de nombreux cas, les comédiennes doivent encore lutter pour obtenir des cachets égaux à ceux des hommes. Les artistes féminines des arts contemporains sont nettement moins mises en valeur que leurs collègues masculins, et bien qu’elles soient plus nombreuses, elles sont moins diffusées.
Toutefois, Edgy Women ne cherche pas à s’apitoyer, au contraire ! Ce festival célèbre cette conscience que l’on doit tous cultiver et, dans cette grande rencontre éclatée, il compte nous conscientiser encore un peu plus.
Festival en deux lieux
Ce sera la première fois que les filles envahiront le Théâtre Mainline sur la rue Saint-Laurent. C’est là, du 17 au 20 mars, qu’elles entameront les festivités. La glace sera brisée avec The Scandelles, prolifique troupe de Toronto utilisant tantôt le burlesque tantôt le théâtre, et avec Neon Nightz, un groupe qui fait une incursion dans l'univers des strip-clubs de Montréal des années 90. Le spectacle réunit aussi Sasha Van Bon Bon, Kitty Neptune et Countess Christsmasher.
Ensuite, le groupe Edgy Boom prendra le relais avec le Défi Edgy. La soirée sera animée par la comédienne et danseuse Nathalie Claude, ainsi que par l’auteure et artiste Dayna McLeod. Lors de cette soirée, le public assistera à des créations exécutées à partir des contraintes d’un son, d’un objet et d’une citation. Les dames ont eu un mois pour mettre en scène une présentation de cinq minutes. Cette soirée amusante et loufoque promet beaucoup de surprises. Il y aura aussi des jeux-questionnaires assortis de prix à gagner. Cette soirée se déroulera le 20 mars au soir et sera suivie du Party Edgy, qui comptera un nanothéâtre pour spectateur solo, des installations interactives, des DJ, de la musique enlevante et, très certainement, beaucoup de plaisir !
En route vers le Théâtre la Tangente
Le Théâtre la Tangente prend ensuite le relais et relance la fête avec Everything I’ve got, de Jess Dobkin, une artiste torontoise qui présentera une performance crue et intime au cours de laquelle, avec vulnérabilité et humour, elle aborde le thème de sa propre temporalité. Le spectacle est présenté (en anglais) le 24 mars à 19 h 30. Le lendemain, le public assistera à une rencontre internationale entre Yumiko Yoshioka de Berlin, Lise Vigneault de Montréal et Karen Sherman de Minneapolis. Lors de cette soirée captivante, ces artistes éclectiques passeront du Butoh au Cabaret, en passant par des performances durant leur solo.
C’est finalement Primordial Vaudeville qui terminera le festival, les 27 et 28 mars, avec des artistes d’un peu partout : Krin Maren Haglund, artiste multidisciplinaire qui travaille avec plusieurs troupes de cirque très en vue, dont Les 7 doigts de la Main, La Clique, Le Cirque du Soleil et Le Cirque Eloize. Shannon Cochrane, de Toronto, artiste dont les œuvres ont été présentées dans des galeries, des festivals de théâtre et des événements partout sur la planète. Enfin, la Zampa est une compagnie de Marseille constituée de Romuald Luydlin et de Magali Milian, tous deux chorégraphes et interprètes.
Cette soirée mettra en parallèle des archétypes, des canons et des déclinaisons connues de la féminité, du désir et de la colère. Le spectacle constituera la clôture des festivités et aura lieu le 27 mars à 19 h 30 et le 28 mars à 16 h.
Spectacles au MainLine
20 $ Neon Nightz / 15 $ Défi + Party Edgy
Quand Diane Dufresne chante, sa voix et sa musique se font à la fois théâtre, roman et cinéma. Elle raconte des histoires, elle les illustre et les joue. Lorsqu’elle se donne à la peinture, ce sont les mêmes passions qui surgissent. C’est ainsi qu’on la retrouve à l’Espace Création Loto-Québec dans une exposition intitulée Diane Dufresne et Richard Langevin MUR à MUR, jusqu’au 9 mai 2010.
Du son à l’image
Au début des années 2000, quand on a apprit que Diane Dufresne faisait sa première exposition, on a alors découvert une artiste talentueuse, aussi dynamique en arts visuels qu’en musique. Son univers riche, coloré et sensuel s’est tout de suite imposé dans le monde de l’art, non pas comme les créations d’une chanteuse, mais comme l’œuvre d’une artiste complète.
Une collaboration dans la vie comme dans l’art
C’est maintenant avec la collaboration de son conjoint, le sculpteur et scénographe Richard Langevin, que Diane Dufresne nous présente ses toiles aux compositions éclatées. Langevin s’est chargé de mettre en scène cet univers visuel et théâtral. Cela donne une magnifique exposition, qui nous permet une incursion dans l’univers personnel de l’artiste aux multiples facettes. L’exposition sera présentée jusqu’au 9 mai à l’Espace Création Loto-Québec.
À venir…
Notons aussi que du 15 juin au 6 septembre, cette même salle présentera une exposition inspirée de l’œuvre de Michel Tremblay intitulée Au cœur des Belles-sœurs, orchestrée par nul autre que René Richard Cyr. L’exposition mettra en valeur les femmes des milieux populaires.
Ministre fédéral des Transports
John Baird sorti du placard malgré lui
Alexandre Pouliot-Roberge
La candidate du Parti progressiste conservateur de l’Ontario dans la circonscription de Toronto Centre, Pamela Taylor, a révélé l’orientation sexuelle du ministre fédéral des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, John Baird, sur les ondes de la radio de CBC le deux février dernier.
Interviewée durant l’émission Metro Morning, Taylor s’est commise en répondant à une question de l’animateur de l’émission matinale la plus écoutée de Toronto, Andy Barrie, à savoir si elle pouvait nommer un politicien conservateur, fédéral ou provincial, officiellement gai. Cette dernière a répondu sans hésiter « John Baird ». Constatant la surprise de son interlocuteur, la politicienne torontoise a renchéri en ajoutant qu’il « y en a plusieurs autres ».
Le site Internet gai et lesbien d’Ottawa, Xtra!, a réagi à cette nouvelle en déclarant que même si John Baird n’est pas officiellement gai, « il est une figure connue de la communauté de gaie à Ottawa ». On y indique qu’il participerait régulièrement aux activités en lien avec la Fierté gaie dans la capitale fédérale. Toujours en consultant Xtra!, le ministre fédéral des Transports ferait preuve d’une grande franchise à propos de son orientation sexuelle lorsqu’il est à l’abri des médias.
À droite depuis toujours
John Baird se situe à droite de l’échiquier politique depuis le début de sa carrière. À l’âge de 16 ans, il devient le plus jeune délégué de l’histoire du Parti progressiste conservateur de l’Ontario à assister à un de ses congrès. Diplômé de l’Université Kingston’s Queen’s en 1992, il y est président de l’aile jeunesse du Parti durant ses études. Employé politique du ministre de la Défense sous Kim Campbell, il devient lobbyiste à Ottawa après l’écroulement de ce gouvernement.
Il est élu comme député au sein du gouvernement Harris en 1995 et devient ministre des Services sociaux et communautaires en 1999. Il y fera la promotion de tests antidopage et d'alphabétisme obligatoires pour les assistés sociaux. Son passage à ce poste mène à une réduction des prestataires d'assurance sociale qui sera qualifiée, par le chroniqueur politique Ian Utquhart, « de grande fraude ». En 2001, la mort d’une femme enceinte de Sudbury confinée à son appartement pour trois mois après avoir fraudé l’assistance sociale donne des munitions supplémentaires à ses critiques.
Après avoir été ministre de l’Énergie, Baird passe à la politique fédérale. Il est élu comme député conservateur du compté de Ottawa-Ouest-Nepean. Nommé président du Conseil du trésor en février 2006, il devient, 11 mois plus tard, ministre de l’Environnement. Lors d’un entretien accordé à Radio-Canada, il se montrera très étonné d’apprendre que l’activité humaine est la cause principale du réchauffement climatique. Le 30 octobre 2008, il devient ministre des Transports.
La reine Margot
Quand Marie-Josée Bastien dirige la cour
François Bernier
Du 12 janvier au 6 février 2010, le Théâtre de la Bordée, à Québec, présente La reine Margot, pièce tirée du célèbre roman du même titre d’Alexandre Dumas père. Le spectacle se rendra ensuite au Théâtre Denise-Pelletier, à Montréal, du 24 mars au 21 avril.
La fresque de Dumas, vue par Bastien
En 1572, au moment où fait rage la guerre entre catholiques et protestants, la reine Catherine de Médicis persuade son fils, le jeune roi Charles IX, d’organiser un mariage entre sa propre sœur, la catholique Marguerite de Valois, et le protestant Henri de Navarre, futur Henri IV. Ce mariage de raison, qui a pour but de calmer la guerre entre les tenants de ces deux religions, dégénère bientôt en complot visant à éliminer les protestants. Six jours après la célébration de l’union sera déclenché le sanglant massacre de la Saint-Barthélemy. Cet événement historique a inspiré l’auteur Dumas père, qui en a tiré un roman épique intitulé La reine Margot.
En 2006, Marie-Josée Bastien se lançait dans une première adaptation théâtrale de ce récit, dont la grande richesse dramatique l’avait convaincue de présenter l’œuvre au Conservatoire d’art dramatique de Québec, en mars 2007, interprétée par la classe de troisième année. En 2010, elle reprend le spectacle, qu’elle a peaufiné avec une nouvelle équipe. La pièce, réalisée en coproduction, sera présentée à la Bordée et au Théâtre Denise-Pelletier, avec une distribution qui inclue quatre des comédiens de la création originale.
Le récit s’étend sur deux ans, depuis le massacre de la Saint-Barthélemy jusqu’à la mort de Charles IX, empoisonné par erreur par sa propre mère. C’est dans cet univers sombre que le spectateur devient témoin des relations qu’ont développées entre eux les membres de la famille royale. Ainsi, le jeune duc d’Alençon est amoureux de sa sœur Margot et Catherine de Médicis entretient des rapports ambigus avec son fils, le duc d’Anjou. Celui-ci utilise l’affection dénaturée de sa mère pour gagner d’elle certaines faveurs, alors que dans l’intimité, il s’amuse discrètement avec ses amants. Au-delà de la saga familiale, on assiste à une recherche de pouvoir, où chacun espère obtenir la Couronne de France.
D’hier à aujourd’hui
Bien que cet épisode historique puisse sembler ici assez complexe, il est admirablement raconté et la mise en scène de madame Bastien lui donne une saveur actuelle. Pour ce faire, elle s’est entourée d’une solide équipe de concepteurs, toujours soucieux d’évoquer l’époque plutôt que de la représenter fidèlement. Ainsi, Christian Fontaine signe un décor sobre aux teintes de gris qui rappellent la pierre des châteaux médiévaux, laissant place au centre à un grand espace vide qui permet d’imaginer les différents lieux du récit. Les costumes de Sébastien Dionne s’harmonisent aux couleurs du décor, en y ajoutant parfois des éclats de rouge pour symboliser la guerre et la passion, thèmes principaux de l’œuvre. Les éclairages de Sonoyo Nishikawa occupent une place importante en donnant vie aux multiples lieux où se déroule l’action, aidés en cela des accessoires de Marie-France Larivière. Enfin, la musique de Philippe Brault, aux accents électroniques, ajoute à la touche contemporaine qui nuance ce magnifique spectacle de madame Bastien.
Comment résister à une telle fresque historique teintée d’humour et d’amour ? La pièce risque de plaire à la plupart des spectateurs, avec ses scènes de romances, de guerres, de complots, de vengeances. Elle nous rappelle aussi que par delà les âges et les générations, on retrouve les mêmes vices et les mêmes passions.